Davos, Suisse – La République démocratique du Congo a été représentée par Richie Lontulungu Nsombola lors de la réunion de haut niveau organisée par l’Institut des Nations unies pour les Indicateurs de Développement durable (UNGSII) en marge de la 56ème session du Forum économique mondial (WEF).
Devant un public composé de fonctionnaires des gouvernementaux occidentaux, d’hommes d’affaires, d’entrepreneurs et de journalistes, Richie Lontulungu, le Secretaire Technique adjoint de la Commission Nationale des Droits de l’Homme de la RDC, a rendu compte des progrès réalisés dans la mise en œuvre des objectifs de développement durable en République démocratique du Congo.
En mettant l’accent sur les réalisations du projet d’appui au bien-être alternatif des enfants et des jeunes employés dans la chaîne d’approvisionnement du cobalt (PABEA Cobalt), implémenté par le Fonds National de Promotion et de Service Social (FNPSS), Richie Lontulungu a déclaré qu’il s’agit d’un projet pilote pour la mise en œuvre des ODD qui intègre toute une série d’ODD tels que l’éducation, la réduction de la pauvreté, la santé, l’économie durable et bien d’autres encore.
La réalisation des objectifs du PABEA Cobalt permettra à la RDC de remplir certains de ses engagements en vue d’atteindre les objectifs de développement durable d’ici 2030.
Dans sa présentation, Richie Lontulungu a exposé les raisons qui ont conduit la RDC à lancer le PABEA Cobalt, notamment les critiques de la communauté internationale concernant le recours au travail des enfants dans les mines de cobalt, les menaces d’interdiction du cobalt congolais sur le marché mondial, les risques palpables d’effondrement économique financé en partie par les revenus du cobalt, l’obligation de la RDC de se conformer à la Convention des Nations unies contre les pires formes de travail des enfants, et la nécessité de promouvoir une chaîne d’approvisionnement propre, transparente et responsable afin d’attirer les investissements directs étrangers.
Le public de Davos a été ravi d’apprendre que 13 587 enfants avaient été retirés des mines de cobalt en RDC par le PABEA Cobalt et réintégrés dans le système scolaire, avec prise en charge des frais de scolarité, des soins de santé et de l’enregistrement civil. La chaîne d’approvisionnement a été assainie et le travail des enfants en voie de disparition.
Richie Lontulungu a soulevé la question de la réduction de la pauvreté grâce à la reconversion socio-économique des parents des enfants qui travaillaient dans les mines et des jeunes à la suite de la construction de centres pour l’entrepreneuriat des jeunes dans l’agro-business (CEPJAB), qui ne sont pas encore pleinement opérationnels.
Soulignant les questions de financement des centres déjà équipées des outils nécessaires au démarrage efficace de ces unités de production, Richie Lontulungu a exhorté les entreprises européennes et américaines présentes à investir dans ces unités, qui leur garantissent un marché permanent à Lubumbashi et Kolwezi, voire dans les capitales des pays environnants.
À titre de mesure provisoire visant à empêcher les enfants de retourner dans les mines, la RDC, par l’intermédiaire du PABEA Cobalt, a initié les femmes à des activités génératrices de revenus et celles-ci bénéficient du renforcement des capacités offert par le projet afin d’accroître leur productivité.
Par ailleurs, Richie Lontulungu a souligné l’enquête menée par la Commission nationale des droits de l’homme de la RDC en 2024 en réponse aux allégations de travail des enfants dans les mines de cobalt de la RDC. Il a déclaré qu’après quatre mois d’enquête, la Commission avait conclu que la RDC avait déployé des efforts importants pour éradiquer le travail des enfants dans les mines de cobalt. Après quatre mois de recherches systématiques, la Commission n’a pas détecté la présence d’enfants. Cela indique que le phénomène est en train de disparaître.
Un consortium d’entreprises suisses-américaines s’est déclaré prêt à aider la RDC à certifier la propreté du cobalt afin de stimuler les investissements directs étrangers, ce qui permettra au pays de financer son développement durable.
Richie Lontulungu a également évoqué les guerres qui ravagent la RDC depuis 1998, motivées par l’accès brutal aux ressources minérales. Il a présenté les efforts du gouvernement pour assainir la chaîne d’approvisionnement du cobalt et mettre en place un mécanisme de certification garantissant la fiabilité de la production minière congolaise. Il a averti que si les guerres se poursuivaient, cela compromettrait directement les efforts actuellement en cours. La phase 2 du projet, actuellement en cours d’élaboration, inclura 14 nouvelles provinces, ce qui devrait élargir la portée de la mise en œuvre des objectifs de développement durable. Cependant, Richie Lontulungu a averti que la guerre sans fin dans l’est du Congo pourrait empêcher la mise en œuvre de la phase 2 dans cette partie du pays, qui dispose d’importantes réserves minérales. Il a appelé la communauté internationale à faire davantage pour mettre fin à la guerre afin que les minerais du Congo puissent être utilisés pour le bien de l’humanité. Il a encouragé les entreprises à adhérer à la certification de conformité sociale du cobalt congolais que le FNPSS prévoit d’introduire afin qu’elles puissent traiter directement avec le gouvernement congolais pour l’achat de minerais. Les dirigeants d’entreprises américaines et allemandes présentes se sont déclarés prêts, si le climat d’affaire dans le pays permettait, à traiter directement avec la RDC pour l’achat de cobalt et même à investir dans la certification.





