Kinshasa, RDC- L’Association Congolaise pour la Défense du Droit à la Vérité en Mémoire des Victimes Civiles Innocentes (ACDDV-DH) commémore le jeudi 12 mars la Journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire de Zaida Catalán et Michael Sharp et à la mémoire des victimes des atrocités commises au Kasaï pendant la crise Kamuina Nsapu.
Dans un communiqué reçu par la rédaction de Tamtam News, l’association dirigée par le militant congolais des droits de l’homme Richie Lontulungu Nsombola rappelle qu’il y a neuf ans jour pour jour, Michael Sharp et Zaida Catalán, deux experts en mission dans le Kasaï central dans le cadre de l’enquête des Nations unies sur les violences commises dans le Kasaï pendant la crise Kamwena Nsapu, ont été froidement assassinés. Les deux experts ont été attirés dans un piège qui avait été planifié à l’avance et coordonné par des personnes influentes opérant depuis le Kasaï et au-delà. Cet acte odieux a profondément choqué la conscience de l’humanité tout entière.
En 2022, la Haute Cour militaire congolaise a prononcé une quarantaine de peines lourdes allant de la peine capitale à 20 ans d’emprisonnement, mais la vérité ultime sur le meurtre des experts de l’ONU n’a jamais été établie. Ceux qui ont ordonné les meurtres des experts et les attaques contre les victimes au Kasaï continuent de jouir d’une impunité totale. L’ACDDV-DH estime que les efforts déployés par les autorités congolaises pour découvrir la vérité sur ces meurtres sont insuffisants. Elle réitère son appel aux autorités judiciaires afin qu’elles engagent la responsabilité de toutes les personnes mises en cause dans les enquêtes officielles, y compris les enquêtes indépendantes sérieuses.
Dans sa communication, L’ACDDV-DH salue l’annonce faite par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) du lancement d’une mission d’établissement des faits en réponse aux violations des droits humains liées aux atrocités commises contre les civils au Kasaï et au double assassinat des experts de l’ONU. Elle a demandé à la Commission d’accélérer les enquêtes car les familles des experts injustement assassinés et celles des personnes injustement massacrées dans la Kasaï attendent depuis longtemps. Elles méritent de connaître la vérité sur ce qui s’est passé et le pourquoi de ces crimes.
L’ACDDV-DH plaide pour que l’État de reconnaisse officiellement la journée du 12 mars de chaque année comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire de Zaida Catalán et Michael Sharp et à la mémoire des victimes des atrocités commises au Kasaï. L’ACDDV-DH se dit convaincue que cette reconnaissance perpétuera la lutte pour les droits humains menée par les deux experts onusiens et servira de leçon aux auteurs de violations des droits de l’homme, leur montrant que leurs actes peuvent tuer le corps, mais ne peuvent effacer la mémoire et l’héritage des activistes des droits de l’homme qui continueront d’inspirer la lutte de plusieurs générations de défenseurs des droits humains.
Enfin, l’ACDDV-DH réaffirme son engagement à rechercher la vérité et la justice pour toutes les personnes qui sont mortes dans des circonstances horribles et ont subi une mort injuste en RDC. Tamtam News

Catalán, Michael Sharp et les victimes des atrocités commises au Kasaï

Catalán, Michael Sharp et les victimes des atrocités commises au Kasaï
