Lors du séminaire de haut niveau de l’ONU consacré aux droits des veuves, organisé par Widows Rights International (WRI) du 15 au 16 octobre 2027, le Secrétaire technique adjoint de la Commission nationale des droits de l’Homme de la RDC, Richie Lontulungu Nsombola, a alerté la communauté internationale sur la situation alarmante des veuves de guerre en RDC.
Rappelons que le séminaire de haut niveau de l’ONU, organisé par Widows Rights International, a réuni des représentants des États membres de l’ONU, des responsables d’organisations internationales de défense des droits de l’homme, des commissaires aux droits de l’homme, des responsables d’institutions internationales basées à Genève, des organismes de défense des droits des veuves, ainsi que bien d’autres participants.
« La situation des veuves de guerre est une triste réalité dans tous les conflits violents à travers le monde. On dit souvent que, pour chaque homme tué, une femme est probablement devenue veuve. Pourtant, nous ne semblons pas nous soucier de cette femme », c’est par ces mots que Richie Lontulungu a introduit sa leçon magistrale sur la situation des veuves de guerre en RDC.
Selon les estimations avancées par Richie Lontulungu, la RDC compte près de 3,3 millions de veuves de guerre victimes des guerres de déstabilisation menées par le Rwanda sur le sol congolais depuis 1996.
Depuis 1996, le Rwanda continue de créer, d’entraîner et d’armer des groupes armés, notamment l’AFDL, le RCD GOMA et le CNDH, et aujourd’hui le M23. Ces groupes et leur pourvoyeur sont responsables de la mort de plus de 6 millions de personnes en RDC et ont fait près de 3,3 millions de veuves de guerre, a-t-il déclaré avant d’ajouter que les actions agressives et les opérations répétées de stabilisation menées par le Rwanda en RDC exposent les femmes congolaises à des souffrances qui en sont la conséquence directe. Certaines familles en profitent pour marginaliser la veuve et la soumettre à toutes sortes de souffrances.
Le secrétaire technique adjoint de la CNDH a rappelé que les peuples d’Afrique doivent vivre en paix et prospérer ensemble.
Je crois fermement que l’avenir de l’Afrique repose sur une prospérité partagée, des échanges commerciaux mutuellement bénéfiques et pacifiques, ainsi que sur la libre circulation des populations au-delà des frontières nationales, a affirmé Richie Lontulungu.
J’exhorte Widows Rights International à rappeler aux dirigeants africains, notamment à ceux du Rwanda, que cultiver les divisions entre les populations africaines affaiblit la position de l’Afrique dans le monde et empêche l’Afrique d’adopter une position commune sur les grandes questions internationales, a-t-il plaidé.
Lors de son intervention, le secrétaire technique adjoint de la Commission nationale des droits de l’homme de la RDC a déploré la lenteur de la mise en œuvre des recommandations du rapport Mapping de l’ONU. Richie Lontulungu a exhorté les États membres du Conseil de sécurité de l’ONU à accélérer la mise en œuvre du rapport Mapping et à soutenir la proposition de création d’un tribunal international pour le Congo. Il demande aux organisations de défense des droits des veuves d’intensifier leur plaidoyer pour parvenir à ce résultat.
Lors de son intervention, il a comparé la situation des veuves de guerre à celle d’une inondation.
La quête de justice pour les veuves de guerre s’inscrit dans la recherche plus large de justice pour les victimes de guerre en RDC. Elles ont droit à la justice transitionnelle : les responsables de la mort de leurs maris doivent faire l’objet d’enquêtes et être poursuivis pour les souffrances qu’ils leur ont infligées. Il y a quelques années, l’ONU a mené une enquête qui a donné lieu au rapport Mapping, lequel documente les graves violations des droits de l’homme commises en RDC de 1996 à 2002. Ce rapport est resté dans les tiroirs de l’ONU, et sa mise en œuvre se fait toujours attendre, a-t-il déclaré.
« Lorsqu’une valve défectueuse provoque une inondation et que l’eau s’accumule, deux solutions s’offrent à vous, a déclaré Richie Lontulungu, avant de poursuivre : vous pouvez prendre un seau et commencer à vider l’eau, tout en sachant que vous n’en viendrez jamais à bout. Ou vous pouvez d’abord réparer la valve, puis vider l’eau accumulée. Le choix est clair : le bon sens voudrait que vous répariez la valve défectueuse. Pour les veuves de guerre, il faut briser le cycle de l’impunité et mettre fin à la violence. C’est pourquoi je vous demande de plaider en faveur de la mise en œuvre du rapport Mapping de l’ONU et de la création d’un tribunal pénal international pour le Congo », a-t-il conclu.
