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Les grands désaccords du règne Tshisekedi en RDC

par L'Oiseau perché
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En République Démocratique du Congo cinq ans se sont passés depuis la première alternance démocratique au sommet de l’Etat. Saluée comme une prouesse démocratique en Afrique des Grands Lacs, le pays se prépare à ses premières élections post-alternance. Felix Tshisekedi le grand vainqueur de la première alternance est candidat pour un second mandat. S’il réussit à convaincre l’électorat il restera au pouvoir jusqu’en 2028. Retour sur les grands désaccords qui ont secoués le pays les cinq dernières années.

La taxation mobile RAM

La RAM était une taxe sur les appareils mobiles qui a fait couler beaucoup d’encres dans le pays jusqu’à opposer le peuple et les dirigeants en justice. Depuis supprimée, les populations ont continué d’exiger le retour de l’argent retiré à chaque utilisateur de téléphone mobile en RDC. Au total une bagatelle somme de 240 millions des dollars ont été soutiré aux populations. Le fondement légal de cette taxe a toujours été contestée. La destination des fonds perçues a été de même un mystère. Plusieurs figures proches du Président de la République ont été impliqués dans l’affaire.

Le procès 100 jours

Parant de son accession au pouvoir en 2019 Felix Tshisekedi met sur pied un programme d’actions d’urgence pour ses cent premiers jours à la tête du pays. Le programme comprend la construction des routes, des logements sociaux, la construction des sauts de mouton, des actions d’intervention à la base pour alléger la souffrance des populations et bien d’autres. Problème: les 100 jours du président approche et la population n’a rien vu de concret. Cela amène le peuple à se poser des questions quant au côté sérieux du projet. La pression monte. Des membres du parti présidentiel UDPS commencent à pointer du doigt certains proches du président qui pilotent le projet en les accusant de détournement. L’Inspection Générale des Finances se met à l’œuvre pour tenter de dénicher la petite bête noire. Les nouvelles ne tarderont pas à tomber. Les fonds destinés au programme souffre d’un vaste détournement. Cela accouche d’un procès populaire dit procès du siècle auquel plusieurs proches du chef de l’Etat sont impliqués parmi lesquels son directeur de cabinet de l’époque Vital Kamerhe aujourd’hui Ministre de l’économie. Le premier juge principal du procès Yanyi meurt de manière inattendu au commencement du procès. On parle d’une mort précédée de la  violence et d’un empoisonnement. Les condamnations ne tarderont pas à tomber. Des proches du président congolais sont condamner à 10 ans de prison et à retourner avec intérêt les fonds détournés. Le procès ouvre l’œil au public. Ce sont des grosses sommes qui sont détournées. Une année après tous les condamnés sont relâchés tour-à-tour de manière spectaculaire en appel. La destination des fonds détournés restent un mystère à ce jour.

Les troupes ougandaises

Les Islamistes ADF ougandais multiplient des attaques dans le Nord-Kivu. Les images des tueries à répétition circulent dans le monde. Plusieurs solutions sont mis sur la table. Dans les réseaux sociaux congolais circulent des rumeurs d’un accord secret en négociation entre l’Etat congolais et l’Ouganda pour le déploiement des troupes ougandaises en RDC. La nouvelle lève la tension dans la pays car les populations n’ont pas oublié les violences dont ils ont été victime de la part des troupes ougandaises à Kinshasa ayant fait des milliers des morts en 2003. Les populations affichent leur mécontentement et la classe politique réagi. Le gouvernement congolais n’a plus de choix que de fixer l’opinion. Un démenti du gouvernement est rendu public. Il n’en est pas d’une chose telle que l’entrée des troupes ougandaises en RDC. L’opinion s’apaise. Quelques mois après le gouvernement revient sur ses dires et autorise de manière expresse l’entrée des troupes ougandaises dans le cadre d’une opération dite shuuja. Dans le pays c’est la désapprobation totale mais le gouvernement croit en l’opération. Les résultats de cette opération ont toujours été contesté. Mais plus notablement les troupes ougandaises déployées aideront les rebelles du M23 à prendre le contrôle de bunagana en se joignant aux troupes rebelles. Quelques officiels ougandais ne manquent d’exprimer leur sympathie avec le M23. Le M23 gagne son accès et ravi le contrôle à l’Etat de plusieurs localités autour de bunagana qu’ils contrôlent à ce jour. Le pays se sent poignarder dans le dos mais il est trop tard.

L’amitié avec Paul Kagame

Le Président Félix Tshisekedi depuis sa prise de fonction crée le rapprochement avec Paul Kagame l’ennemi public numéro un des congolais. Des sourires et des embrassades avec Paul Kagame qui gêne en RDC. Ce rapprochement n’est pas bien perçu aux yeux de la population. Des avertissements sont envoyés vers Tshisekedi qu’il ignore allant jusqu’à traiter Paul Kagame de frère et les Tutsi congolais dit les banyamulenge des frères. Un contrat de traitement de l’or congolais au Rwanda est signé avec une firme rwandaise. Les critiques du Président commencent à l’accuser de complicité avec Paul Kagame dans les tueries à répétition dans l’Est de la RDC où le dirigeant Rwandais est pointé du doigt depuis des années. Les critiques du Président juge naïf son rapprochement avec Kagame et ils l’accuse de poser un faux diagnostique du problème sécuritaire dans l’Est de la RDC. La fibre entre les deux amis casse avec la résurgence du M23. Une rébellion pro-rwandaise. A peine on apprend que le retour en force des rebelles est un plan minutieusement préparé au Rwanda puis en Ouganda. Paul Kagame devient le porte-parole par excellence des M23 et il fait écho de leurs revendications. Aujourd’hui les deux frères se retrouvent dans un tiraillement et les risques d’une guerre à large spectre entre les deux nations pointe plus que jamais à l’horizon. Dans une sortie de campagne le 19 novembre le Président congolais a remis en question la sincérité de Paul Kagame et à reconnu s’être fait flouer par le dirigeant rwandais.

La résurgence du M23

L’année 2013 a tout d’une année historique. L’armée vient de défaire les rebelles du M23 présentés comme un prête-nom de l’armée rwandaise RDF. Cela en grande partie grâce au courage de l’officier Mamadou Ndala qui par la suite sera assassine dans un règlement de compte au sang froid. Les rebelles prennent la direction de l’Ouganda et du Rwanda où ils sont placés dans des camps de démobilisation. Un plan qui ne reste qu’à être activé est mis sur pied pour le rapatriement en RDC des congolais ayant appartenu à ce mouvement. L’intégration au sein de l’armée n’étant plus possible. Dès sa prise de fonction le président Felix Tshisekedi ouvre ses pourparlers avec les M23 en secret. Une délégation des rebelles séjournera à Kinshasa pendant plusieurs mois dans la discrétion totale. Les rebelles diront plus tard qu’un plan était en élaboration pour qu’ils s’occupent de chasser les FDLR sous le contrôle direct du président de la République. Les discussions échouent les rebelles accusent le gouvernement de les avoir duper. A peine l’opinion apprend des nouvelles et c’est l’étonnement général de savoir que des contacts ont existé avec les M23. Les rebelles activent l’offensive dans la partie Est du pays et parviennent à conquérir des zones importantes qu’ils contrôlent à ce jour. Toutes les tentatives militaires et diplomatiques pour les y déloger a échoué.

L’épineuse question de la MONUSCO

L’efficacité de la MONUSCO à faire face aux groupes armés dans la partie est de la RDC est constamment remise en question. La Mission onusienne quoi qu’ayant joué une part importante dans le processus de stabilisation du pays au sortir des turbulences politiques 2001 n’a pas su arrêter la prolifération des groupes armés. Ses troupes dans l’Est sont accusé à tord ou à raison de connivance avec les groupes armés. Certains sont accusés de transformer la mission onusienne en une opération de pillage des ressources. Les dix dernières années les appels à un départ de la Monusco du pays se font de plus en plus attendre mais l’Etat tardent à formaliser la démarche. La Mission onusienne elle exploite toutes les phases d’instabilités politiques et sécuritaires ponctuelles pour justifier son maintien dans le pays. Mais jusqu’où? Sous le règne de Tshisekedi et la multiplication des affres des islamistes ADF les demandes de départ de la Monusco font écho dans la masse. Les éléments de la Mission sont placé devant un fait accompli anéantir les ADF ou plier baggage. A cela vient s’ajouter les M23. Des groupes de pression tels que les wazalendo prennent la chose en main.  Quelques politiciens prennent également l’affaire en main. Toutes ces pressions résultent en un face-à-face musclé entre les éléments de la Monusco et la population civile qui s’attaque à leurs camps. Des ultimatums sont lancés pour le départ de la mission. Une interdiction plus tard de circulation des véhicules de la mission dans l’Est sera décrétée. Les événements en série enregistre des pertes en vies humaines dans les rang des la Monusco comme du côté des civils. Alors qu’un accalmie semble s’observer un bataillon de la Force de la MONUSCO revenant des vacances traversent la barrière de Kasindi avec l’Ouganda faisant fi de l’interdiction de circulation des véhicules de la Monusco par la population locale. Une fois à la frontière les forces congolaises de frontière leur demande de rebrousser chemin car circuler sera dangereux. Ils s’entêtent et ouvrent le feu sur tout ce qui bouge. Bilan: 3 morts et 10 blessés. Des sources locales parlent de plus de victimes. Le régime congolais est mis sous pression par les populations qui exige d’obtenir le départ de la Mission. Le président congolais émet des réserves jusqu’à rejoindre l’appel dont il devient l’un des vocalistes.

Adhésion à l’EAC

La RDC étant un pays enclavé qui n’a pas d’accès à la mer le gouvernement envisage de rejoindre la communauté est-africaine qui lui donnera cet exercice. Les congolais savent qu’une telle démarche n’est pas sans risques car l’EAC est constitué des pays plutôt en majorité hostile à la RDC comme le Rwanda. Mais le régime congolais pensent que adhérer sera un atout sécuritaire notamment car le Rwanda membre de surcroît ne pourra pas briser la charte pour attaquer la RDC continuellement. Mauvais calcul. Ce que le gouvernement ignore ce que le bloc est composé en grande partie des soutiens du Rwanda de premier plan. La procédure d’adhésion est remise en question. Plusieurs sont ceux qui souhaitent qu’un débat de fond ait lieu au parlement congolais pour analyser l’affaire. Mais pour Tshisekedi c’est surtout un projet de campagne qu’il tient à réaliser. Les débats ne seront pas autorisés et l’adhésion actée au grand dam du refus des populations.  Moins de deux ans après le désire de sortie du Bloc régional commence déjà à se faire sentir. Plusieurs officiels critiquent ouvertement l’EAC qui vient de déployer une Force dans l’Est de la RDC qui refuse de combattre les rebelles du M23 soutenus par le Rwanda. Les appels à sortir du Bloc se poursuivent. Mais le président lui croit en l’avenir de la RDC dans l’EAC et veut y rester. L’Oiseau perché

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